Le cousin d'Amérique

Les États-Unis

Nous avons parlé, plus haut, des forts de l'ouest. Nous nous attacherons ici à l'ensemble des États-Unis modernes. La migration francophone s'est concentrée surtout dans trois régions: au nord du fleuve Mississippi avec les anciens forts de l'ouest (Michigan, Illinois et les régions voisines), au sud du Mississippi, avec l'état de Louisiane et Mobile en Alabama, et la Nouvelle-Angleterre à partir de 1850. Les gens des forts de l'ouest sont venus d'abord du Québec ou via le Québec. Ceux de Louisiane sont surtout arrivés directement de France, parfois via les Antilles. Ceux de Nouvelle-Angleterre venaient surtout du Québec.

Le tableau suivant donne un aperçu de l'immigration aux États-Unis par décennie:
 
Décennie Français immigrés Québécois immigrés (estimé)
1871-1880 72 206 120 000
1881-1890 50 464 150 000
1891-1900 30 770 140 000
1901-1910 73 379 100 000
1911-1920 61 897 80 000
1921-1930 49 610 130 000
 
Ce n'est qu'à partir d'environ 1930 que les États-Unis ont entrepris leur unification linguistique (le Melting Pot). Auparavant, il y avait des villes où les francophones vivaient entre eux, surtout en Nouvelle-Angleterre où la migration a été importante. La situation des francophones de l'ouest était différente. S'ils ont été les premiers Européens et si leur territoire couvrait tout l'intérieur des États-Unis, entre 1762 et 1801, toute la région a été cédée à l'Espagne. Elle est alors redevenue française pour être vendue aux États-Unis en 1803. Avant 1762, les registres sont donc en français ou en latin, puis sous la période espagnole, ils sont rédigés en espagnol (mais pas partout semble-t-il). Même durant la période française, d'autres groupes d'Européens se sont installés. Même si la Nouvelle-Orléans a pu conserver un certain cachet français, les Français ont été rapidement noyés parmi les autres ethnies.

La Nouvelle-Angleterre a été colonisée par les Britanniques et d'autres nations européennes bien avant la migration massive des Québécois. Quand ils sont arrivés, ils se sont donc ajoutés au paysage existant et si certains y ont joué un rôle important, c'est surtout à titre d'individu parmi l'ensemble de la population. Donc, nous retrouvons beaucoup de Franco-Américains en Nouvelle-Angleterre, surtout après la première génération suivant le départ du Québec. Mais après 2 ou 3 générations, surtout après le passage à l'anglais comme langue d'usage, ces immigrants se confondent aux autres Américains et suivent sensiblement les mêmes chemins.

Quant aux Français, en dehors des concentrations indiquées plus haut, ils doivent suivre les mêmes chemins que les autres immigrants.

Parmi les ressources touchant l'ensemble des États-Unis, citons en particulier le PILI ou Passenger and Immigration Lists Index, de P. William Filby. Il s'agit d'un index publié par tranches annuelles (une année typique faisant 4 ou 5 cm d'épaisseur) et reprenant le contenu de livres spécialisés. Il est aussi disponible sur CD-ROM (l'ensemble) qui est plus facile à consulter (pour la version papier, il faut examiner chaque livre annuel). Pendant longtemps, les nouveaux citoyens pouvaient obtenir leur naturalisation devant n'importe quel tribunal. Puis, une seule sorte de tribunal a été utilisée. Les Mormons ont microfilmé les index des dossiers de plusieurs de ces tribunaux, mais il n'y a pas d'index d'ensemble. Il existe aussi des microfilms et des index des recensements depuis 1790. Les premiers index sont imprimés ou sur CD-ROM alors que les plus récents (1880 pour les familles avec un enfant de moins de 10 ans, 1900, 1910 pour certains états et 1920) ont des index avec code soundex pour chaque état couvert. Quant à l'état civil, il dépend de chaque état. Avant 1900, il n'y a souvent pas le nom des parents lors des mariages, ce qui rend difficile d'identifier correctement les filiations.

Si on se concentre sur les francophones, outre l'état civil de certains forts de l'ouest ou de quelques régions de la Louisiane, signalons le Guide Officiel des Franco-Américains (ou GOFA), dont un index a été publié en 1999. Il s'agit d'un guide annuel des Franco-Américains notoires.

Disponible à Montréal, nous trouvons le PILI (sur papier), les index des naturalisations des états de la Nouvelle-Angleterre (surtout de 1880 à 1920, plusieurs index différents, ordonnés par soundex), les recensements de Nouvelle-Angleterre et du Michigan (et d'autres régions), l'état civil de certains états (Massachussetts, Vermont, Maine), quelques relevés de mariages et d'autres actes religieux (parfois couvrant plusieurs états) et plusieurs années du GOFA ainsi que l'index.

Sous ce lien, un tableau résume la situation par état.
 
Les ressources Internet disponibles sont présentées dans les pages du USGenweb.

Le Soundex

Le Soundex est un système de codification des noms de famille pour faciliter leur recherche.  Il a été établi en fonction des besoins des Américains, donc un pays avec un grand nombre d'origines ethniques et linguistiques.

Le code Soundex est établi de la façon suivante:

  1. Si la lettre initiale est double, n'en garder qu'une (donc, Lloyd devient Loyd)
  2. Sauf la lettre initiale, remplacer les consonnes (sauf H et W) qui restent par un chiffre de 1 à 6:
  3. Enlever les chiffres en double (donc, B22A devient B2A, même si le 2 désigne 2 consonnes différentes)
  4. Enlever les voyelles
  5. Compléter par des zéros ou enlevez le surplus pour ne garder que la lettre initiale et 3 chiffres.
Exemples:
B626 est le code pour BeauReGaRd, BeRGeR, BeRGeRon, BouRCieR et BRaSsaRd
J630 est le code pour JaRreT


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