FRANCOGÈNE: La généalogie des Acadiens

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Un peu d'histoire

L'Acadie tire son nom de l'Arcadie, une région de la Grèce antique. Ce nom lui fut donné par un navigateur qui fut impressionné par la beauté du paysage. Selon une autre source qui semble moins fiable, le nom viendrait plutôt de la désignation par le mot Cadie des petites maisons des Acadiens; cette hypothèse semble non fondée car le nom de l'Acadie a précédé son peuplement. Le mot Acadien est devenu Cajun en Louisiane, Acadien devenant Acadjen puis Cajun.  Selon certains, la prononciation anglaise expliquerait la nouvelle graphie, alors que d'autres disent que c'est l'accent acadien lui-même qui a donné le nouveau mot.

L'histoire acadienne peut se diviser en plusieurs tranches:
 
Premières tentatives européennes L'Acadie est d'abord définie de façon plutôt vague comme étant la région au nord de la Virginie.  Sur les premières cartes, elle comprenait donc l'ensemble de la Nouvelle-Angleterre.  Elle fut réduite par la multiplication des autres colonies européennes au début du 17e siècle.

Des marins européens venaient pêcher au large des côtes mais sans faire de véritables établissements.

Les premiers Français à s'installer dans la région sont des prisonniers sur une île.  Cette colonie éphémère finit par dépérir quand on cessa le ravitaillement annuel.

Par la suite, une colonisation systématique débuta en 1604-1605 avec un premier hiver sur l'île Ste-Croix.  Au printemps, la colonie se déplaça vers ce qui deviendra Port-Royal.  Parmi ces premiers Acadiens, on peut compter les Du Gast de Monts, Dupont-Gravé, Champlain, Bienville et Louis Hébert.  Les uns n'ont pas laissé de descendance, les autres sont retournés en France, parfois pour s'établir dans la future colonie de Québec.  Mais, plusieurs étaient apparentés comme on le verra dans le texte ci-dessous, les Acadiens étant en gras.

Simon Pajot et Johanne Guerineau sont les parents d'Isaac et Jacqueline Pajot.  Isaac est le beau-père de Jehan de Biencourt de Poutrincourt alors que Jacqueline est la mère de Louis Hébert et de Charlotte Hébert.  Charlotte est la mère de René MaheutJehan de Biencourt est le père de Charles et Jacques et aussi le cousin de Charles Turgis de St-Étienne de Latour.  On retrouvera à Québec ce Louis Hébert marié avec Marie Rollet, ainsi que le fils de René Maheut, aussi appelé René Maheut et époux de Marguerite Corriveau..
Parmi ces premiers Acadiens, seul St-Étienne de Latour a de la descendance acadien, Louis Hébert ayant fait souche au Québec et René Maheut n'ayant apparemment pas de descendants après 2 ou 3 générations.  Ceci explique pourquoi les généalogies acadiennes passent sous silence ces premiers colons.

Le dernier des Biencourt mourut en 1624 et Charles de St-Étienne en profita pour prendre le contrôle de la colonie, puis s'installera au Cap-de-Sable, sur la pointe sud de l'Acadie, alors que Port-Royal est à l'intérieur de la Baie Française.

La première colonie anglaise En 1620, le roi d'Angleterre agrandit la colonie anglais du Massachussetts pour y englober l'Acadie et la colonie de Québec et en 1621, il concède l'Acadie à l'Écossais William Alexander, celui lui donnant le nom de Nouvelle-Écosse.  Il faut attendre en 1629 pour que les Anglais de Kirke s'emparent à la fois de la colonie et de Québec.  Port-Royal est alors abandonnée et les Français retournent tous chez eux, sauf St-Étienne de Latour qui, nous le rappelons, n'est pas à Port-Royal.

Par la suite, les Anglais et les Français alterneront comme maîtres de la colonie.  Mais ce n'est qu'en 1629 que le changement de pouvoir s'accompagne du remplacement de tout le monde.

L'Acadie française En 1632, après la signature du traité de St-Germain-en-Laye, les Français reviennent en Acadie.  De 1632 à 1636, le siège de la colonie sera à La Hève, fief de Latour, avant que Port-Royal ne renaisse de ses cendres.  C'est alors que naît l'Acadie généalogique, alors que les premières familles de "vrais Acadiens" s'établissent.  Il est à remarquer que beaucoup de généalogistes font une distinction entre les Acadiens venus entre 1632 et 1713, et les autres.  Les familles avec le plus de descendants arrivent avant 1700 mais d'autres migrants sont arrivés par la suite.

En 1658, la colonie de Plaisance est créée alors que les Anglais sont aussi installés sur la même île de Terre-Neuve.  La colonie acadienne continue à croître.  Durant un certain temps, elle comprend même l'est de l'état américain du Maine et de la future province de Québec.

L'Acadie anglaise En 1710, les Anglais s'emparent de l'Acadie de façon définitive.  Après le traité d'Utrecht de 1713, l'Acadie et Plaisance deviennent des colonies anglaises.  Les frontières ne sont toutefois pas définies avec assez de précision et l'Acadie anglaise se limite à la partie principale de la future Nouvelle-Écosse, alors que les Français continuent d'occuper la région de la rivière St-Jean et ce qui formera le Nouveau-Brunswick, l'île Royale, future île du Cap-Breton, et l'île St-Jean, future île du Prince-Édouard.

Les parties françaises et anglaises continuent toutefois à communiquer entre elles puisque certaines familles migrent d'une région à l'autre.  Durant cette période, Louisbourg et l'île St-Jean se développent alors que peu d'Anglais s'établissent dans la colonie.  Selon certains, les Acadiens croissent très bien sous l'occupation et ont une certaine prospérité comme démontré par le nombre d'enfants de certaines familles (ce qui serait incompatible avec une période de famine où moins d'enfants auraient survécu).  Ces Acadiens sont tout de même des experts en marais salins et il est vraisemblable que les Anglais ne sachant pas trop comment s'y prendre, sont forcés de tolérer la présence de ces papistes.  Par ailleurs, pour que ces Catholiques deviennent de bons protestants, une colonie protestante francophone sera établie dans la région de Lunenburg, avec la venue d'un grand nombre de ressortissants de la principauté de Montbéliard.

L'exil En 1755, le gouverneur Lawrence décide qu'il est temps d'occuper toutes les terres et commence le nettoyage ethnique connu sous le nom de Grand Dérangement.  Entre 1755 et 1758, presque tous les Acadiens sont expulsés vers les autres colonies anglaises d'Amérique ou s'évadent vers la vallée laurentienne.  Voici quelques chiffres sur la dispersion et les populations touchées:
 
 
Région 1755 1755-58 1763 1800
Acadie 13 000
Nouvelle-Écosse 1 250 8 000 (avec les autres colonies de la région)
Rivière St-Jean 100
Île St-Jean puis Île du Prince Edouard 2 000 300
Baie des Chaleurs 500 700
Colonies américaines 6 950* 1 000
Massachussetts 2 000 1 050
Connecticut 700 650
New York 250 250
Maryland 1 000 810
Pennsylvanie 500 400
Virginie 1 100
Caroline du Nord 500
Caroline du Sud 500 300
Georgie 400 200
Louisiane 300
Angleterre 1 100* (de Virginie) 850 4 000
France 3 500 1 000
Québec 1 500 2 000 8 000
Ailleurs ? 1 000
Total 13 000 10 950 12 660 23 000
Retour de l'exil Une période de confusion a suivi la Déportation. On a retrouvé par la suite les Acadiens dispersés en Angleterre, puis en France d'où plusieurs sont repartis vers la Louisiane (surtout vers 1785) ou les Îles St-Pierre et Miquelon. Une partie de ceux qui ont fui par les terres se sont retrouvés au Québec. La principale concentration dans l'ancien territoire acadien est au nord du Nouveau-Brunswick.

Très peu de registres ont survécu au Grand Dérangement. La généalogie acadienne est donc souvent accompagnée de points d'interrogation: beaucoup de rattachements sont hypothétiques.


 


Principales ressources généalogiques



 
Liens: voir Acadie 

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